Salut à toutes et
tous et bienvenue dans ce nouvel épisode
de « Conversation avec la nature » spécial pastoralisme.
Aujourd’hui, on est avec Olivier et Alexandra et leurs troupeaux.
Suivez-moi !
C’est parti !
Et on est avec Olivier Marcouyoux.
- Salut Olivier.
- Bonjour, bonjour !
Merci de nous accueillir.
On est sur le site le Méandre de Guilly.
On est avec ton troupeau juste derrière.
Tu es berger ou éleveur ?
Qu’est-ce qu’on dit ? Berger, éleveur ?
Quelle est la différence ?
Moi, je dis berger, c’est le mot que j’avais dans la tête étant petit.
Un éleveur, je ne savais pas qu’on différenciait berger et éleveur.
Pour moi, c’était pareil avec l’histoire des pratiques.
Le berger, c’est plutôt le salarié et l’éleveur le propriétaire des animaux.
Alors moi, je n’ai pas cette sensation, j’ai l’impression
que c’est moi qui appartiens aux brebis, mais par contre, je suis leur gardien.
Tu peux nous parler un petit peu de toi ?
Comment tu es devenu berger ?
Ben, j’étais dans
les métiers du paysage
à Paris et tous les concepteurs ont commencé
à faire des photomontages avec les moutons pour leurs clients et donner envie
de mettre des moutons dans les jardins pour tondre les pelouses.
Et ça donnait envie à tout le monde.
Donc il y a eu un boom de clients en écopâturage qui a explosé
dans les années 2010 par là.
Et voilà, j’ai commencé comme ça avec trois brebis.
Après, j’ai gardé toutes les femelles
et puis le troupeau s’est développé.
Du coup, je suis parti chez les céréaliers
qui cherchaient à faire pâturer en hiver
les couverts végétaux des espèces de cultures intermédiaires,
parce que ça me permettait de passer l’hiver chez les céréaliers
et ensuite, je retournais quand même en écopâturage chez les clients l’été.
Et donc d’Île-de-France tu arrives dans le Loiret...
Je n’avais pas assez de moutons pour pâturer
la demande l’hiver,
mais en été, je n’avais plus envie d’aller faire de l’écopâturage à Paris.
Et donc j’ai entendu parler que le Conservatoire
cherche des bergers pour entretenir les bords de Loire. Il y a des
petites problématiques techniques, on va dire.
Essayer de jauger entre la préservation de la nature et les besoins des animaux.
Donc il faut trouver un compromis permanent.
Il n’y a jamais une solution qui est la bonne en fait,
parce que déjà, on n’avait pas prévu qu’il y allait avoir une canicule,
ou alors on n’avait pas prévu qu’il y allait avoir des inondations...
Donc, en fait,
et bien, c’est un interlocuteur qui est prêt à l’imprévisible.
Et nous, c’est ce qu’on fait tous les jours.
Tu as combien de brebis ? 400 brebis adultes.
Et c’est quelle race de brebis ?
C’est des Parisiennes métissées 4x4.
Un croisement entre des brebis parisiennes, c’est-à-dire
que toutes les races que tu veux mélangées
et les critères de sélection, c’est simple, c’est à partir du moment
où t’as trois pattes, tu fais un agneau, tu peux faire sept kilomètres, c’est bon.
Mais...
c’est vraiment le critère de choix n’est pas du tout sur
les races classiques.
Là, c’est un critère de
capacité, diversité à l’adaptation.
Qu’est-ce que la Loire apporte à tes animaux ?
La Loire apporte beaucoup aux animaux.
Déjà de l’eau.
Là, les copains bergers en plaine, là, ils donnent huit litres par brebis.
Donc là j’ai 800 animaux.
Mettons que les agneaux, ils boivent un peu moins,
ça commence à faire des litres par jour.
Donc le gasoil associé pour amener l’eau...
Donc l’eau déjà, c’est génial.
Puis là, on est en pleine canicule, vous voyez, c’est
vraiment le meilleur truc. Moi, mes brebis, elles ne peinent pas du tout.
Pour repréciser, la Loire, effectivement, il y a des crues.
Comment tu as géré ton troupeau avec les crues ?
Ben là, on a eu cet hiver une petite crue.
Ça m’a surtout
paniqué parce que je ne connaissais pas, donc beaucoup de surveillance.
Et là, en fait, il n’y avait pas du tout besoin de paniquer.
Tu parlais de transhumance, c’est vrai que c’est un terme qu’on associe peut-être
plus aux bergers en montagne, mais finalement,
ici aussi il y a de la transhumance.
Comment tu fonctionnes ?
Moi, j’ai commencé la transhumance en Seine-Saint-Denis
parce que j’avais un petit troupeau de moutons
qui se développait et je n’avais pas d’argent pour acheter du foin.
Donc j’ai commencé par sortir les animaux dans la rue
tous les jours pour les nourrir.
Et donc après j’ai valorisé ça par l’animation.
Je me faisais payer pour faire ça en fait à Paris,
des transhumances en ville quoi.
En fait, la transhumance, c’est simplement un mouvement d’animaux.
Ça peut être n’importe où, c’est un mouvement, ça attire beaucoup de monde.
On nous demande toujours quand ce sera
la transhumance « est-ce que je peux venir avec toi ? ».
Moi, je réponds toujours, la transhumance, c’est tous les jours et des fois non.
Parce que les brebis, là, aujourd’hui,
il n’y a pas de transhumance, parce qu’elles n’ont pas envie.
Et comment tu vois l’évolution de ton métier dans les années à venir ?
Je suis persuadé que ça va se développer si ça continue comme ça.
De toute façon, avec le changement climatique,
on est sûr et certain que pour nous, il y aura des opportunités.
Tes animaux sont aujourd’hui destinés à la viande principalement.
Il y a d’autres filières.
Moi, je l’ai destiné... En le développant,
c’était pour la fertilité et l’entretien du territoire.
Je vais transformer des bocaux de tajine, des rillettes ou des choses comme ça.
Mais ce n’est pas très rentable en fait.
Si je veux continuer à avoir suffisamment d’animaux pour entretenir du terrain
et créer de la fertilité pour les légumes et les cultures,
et bien, il me faut beaucoup d’animaux, donc je suis obligé de vendre
aux grossistes.
Et pour terminer,
est ce que tu aurais une petite anecdote rigolote à nous raconter ?
La petite anecdote, ce serait un agnelage incontrôlé.
Des brebis se sont mises à faire beaucoup d’agneaux
à un moment où je n’avais pas du tout prévu.
Il n’y aurait pas dû
avoir d’agneau, mais j’avais sûrement oublié un mâle au tri...
et elles se sont mises à faire un agneau toutes les 3 h.
Il y a une brebis
qui s’est arrêtée toutes les 2 h faire un agneau en pleine crue de la Loire
alors qu’on allait se faire bloquer.
Peut-être parce que je ne connaissais pas le site,
par un bras qui allait nous bloquer définitivement sur une île.
Alors mes parents sont arrivés, mon fils, le village...
Plein de gens sont venus m’aider
pour faire la grande transhumance de Guilly jusqu’à Sigloy.
Donc on a attaqué.
C’était l’hiver, en février,
donc 8 h 30, arrivés au soir 18 heures...
Les brebis étaient en train de faire la marche...
Le retour total des environs 600 mètres qu’on
avait réussi à parcourir dans la journée.
C’était une journée bien performante.
Bien, merci beaucoup Olivier pour ton temps.
On va te laisser tranquillement aller retrouver tes petites brebis
et puis nous on va juste aller traverser la Loire
et puis on va aller voir Alexandra sur un autre site du Conservatoire.
À tout de suite.
Donc Alexandra, on est ici sur les Friches de Parterres.
Merci de nous accueillir sur ce super site.
Est-ce que tu peux nous parler un petit peu de toi ?
Après mon bac, j’ai décidé de faire des études de chinois
et progressivement, je me suis tournée vers l’anthropologie.
À partir de la licence, j’ai défini mon terrain de recherche à l’extrême
nord de la Mongolie intérieure en Chine
et j’ai travaillé sur les relations
entre les éleveurs nomades mongols et les Chinois sédentaires.
J’ai donc passé dix ans de ma vie
à aller et venir entre la France et l’extrême
nord de la Mongolie intérieure, à la frontière avec la Sibérie,
où j’ai partagé la vie d’une petite communauté
de nomades qui vivaient au contact de sédentaires chinois.
En 2003, j’ai décidé de quitter le monde de la recherche
parce que je ne trouvais plus vraiment de sens
entre ce que je pouvais vivre sur le terrain
et ce qu’on attendait de moi dans les laboratoires de recherche.
Et j’ai déménagé dans le Perche.
Et là, de retour à la campagne,
les questions agricoles sont revenues solliciter mon esprit.
Et là, j’ai décidé de reprendre un Master de géographie sociale
et j’ai travaillé sur la question du malaise
agricole et des politiques territoriales
en associant géographie sociale et ethnologie.
J’ai essayé de résoudre les limites que j’avais trouvées à l’ethnologie
du point de vue de l’action politique.
Ensuite, j’ai décidé de travailler sur le volet plus positif
de la question agricole et j’ai travaillé sur les dynamiques agricoles,
soit les ressorts qui permettent aux agriculteurs d’aller bien.
À cette occasion, j’ai suivi des groupes d’agriculteurs,
des groupes de changement de pratiques et notamment
un GIEE, un groupement d’intérêt économique et environnemental.
Et là, je me suis dit « Wow, il se passe des choses
vraiment passionnantes dans ces enceintes-là. »
« J’aimerais vraiment moi-même beaucoup monter un GIEE ».
Et en
2018 se monte en Eure-et-Loir, une ADEAR, association
pour le développement de l’emploi agricole et rural, qui est en gros l’outil
de développement du syndicat de la Confédération paysanne, dont
le fond de commerce, si je puis dire, est d’accompagner aux stratégies d’autonomie.
J’ai donc été embauché par cette ADEAR avec en gros trois objectifs :
accompagner à l’installation,
accompagner à la transmission des fermes
pour éviter qu’elles partent à l’agrandissement
et accompagner au changement de pratiques agricoles.
Et je propose à un petit noyau de huit céréaliers
de monter donc un groupement d’intérêt économique et environnemental.
J’ai un groupe extrêmement motivé d’agriculteurs,
enfin de céréaliers avec un profil un peu ovni sur le territoire,
donc des agriculteurs qui se préoccupent d’environnement
et qui souhaitent voir revenir les animaux pour l’équilibre des systèmes agricoles.
Je recherche à ce moment-là des profils de bergers
sans terre pour venir pâturer sur les couverts des céréaliers.
C’est difficile.
Peu de gens ont envie de se lancer dans cette aventure...
Au bout de six ans, moi, j’arrive à un burn-out
puisque j’ai mis toute mon âme et mon corps dans ce projet.
Je vis en arrêt de six mois et au retour,
je sors de cet arrêt en me disant « aujourd’hui, il n’y a qu’une seule chose
qui me donne envie de me lever le matin, c’est de devenir bergère sans terre
pour le groupe qui est devenu une espèce de grande famille ».
Et quand j’annonce ça au groupe, tout le monde me dit « ah enfin,
enfin, tu te décides ».
Tout le monde savait que c’était ma destinée, sauf moi.
Tu parles de berger sans terre ?
Tu peux nous préciser
un petit peu ce que c’est exactement ?
Pour nous, bergers sans terre, c’est un statut quand même
un peu particulier, c’est-à-dire qu’on n’est pas
salarié d’un plus gros éleveur, on est quand même éleveur
à titre principal, avec des structures juridiques en propre.
Donc je suis chef d’exploitation
et l’idée, c’est de ne pas avoir de foncier et
de travailler en collaboration
avec les céréaliers et donc de fonctionner sur un système pastoral.
Du coup, c’est là où on revient au système tel que les nomades le pratiquent.
C’est-à-dire que nous, notre
enjeu principal, c’est de suivre la ressource
pour le bien-être du troupeau.
Donc l’idée, c’est d’avancer vraiment au gré de la ressource disponible
pour les animaux, pour faire en sorte qu’ils se portent le mieux possible.
Je voulais revenir sur ton expérience en Mongolie
et c’est intéressant et c’est une belle coïncidence parce que
2026, c’est l’année internationale des parcours et des éleveurs pastoraux
et qui est justement une initiative de la Mongolie.
Et j’imagine qu’aujourd’hui ta pratique a dû...
Tu as dû t’inspirer vraiment de ton expérience qui est hyper
riche et hyper large
aujourd’hui pour ce que tu fais ici sur les Friches des Parterres ?
Voilà, c’est sûr que mon inspiration première est venue des années passées
avec ma famille
du fin fond de la Mongolie et c’est vrai que c’est là que j’ai tout appris.
Alors il y a l’aspect à la fois technique,
botanique, compréhension
des animaux, mais c’est beaucoup plus large que ça.
Ce que peuvent enseigner les nomades sur
ce rapport au pastoralisme qui va d’un rapport au temps
au rythme, une forme de philosophie entre guillemets.
Je suis très ému de savoir quand j’attaque ma deuxième année d’installation
sur ce système, que ce soit l’année 2026 internationale du pastoralisme
pour rendre hommage à mes amis mongols et surtout,
surtout, l’intelligence qu’ils détiennent qui est malheureusement mise à mal.
Et aujourd’hui, voilà, c’est nous,
du fin fond de nos pays occidentaux qui essayons de remettre au goût du jour
leurs pratiques.
Et voilà, c’est vraiment très important de rendre hommage
à toute cette technicité, cette intelligence qui est la leur.
Qu’est-ce qui t’a motivé à collaborer avec le Conservatoire ?
C’est grâce à Olivier que j’ai été mise en contact avec le Conservatoire
qui propose ces parcelles exceptionnelles en bord de Loire, qui s’inscrivent
parfaitement dans mon cycle de production,
si je puis dire, et de pâturage, et qui offrent à mon troupeau
et à moi un milieu dans lequel les brebis trouvent à leur disposition
une pharmacopée exceptionnelle pour assurer leurs besoins
de base
et au-delà, puisqu’elles vont trouver dans
tout ce que les bords de Loire offrent ce dont elles ont besoin.
Il y a évidemment cet enjeu autour du genêt,
d’empêcher l’enfrichement du site avec le genêt qui,
au moment où il est au stade de cosse, est aussi un apport de protéines.
Il y a cette histoire de jussie aussi invasive
qui inquiète beaucoup.
Le président du Conservatoire, donc à travers
ses recherches, nous a appris qu’elle avait des qualités antibiotiques.
Donc c’est aussi une plante, je pense qui va rentrer dans leur alimentation,
qui va trouver sa place et leur apporter les bienfaits qu’elle possède.
Donc c’est à la fois du point de vue du troupeau
de trouver une ressource de pharmacopée qui leur convient
et d’être aussi elles-mêmes dans une forme d’apprentissage
de l’environnement, de transmettre ça aux agnelles.
Enfin, voilà, là, on est vraiment dans un retour aussi de la brebis en tant qu’être
doué d’une forme d’intelligence, d’une forme de savoir
indispensable à transmettre aux plus jeunes.
Et on recrée aussi une forme
de société éclairée au sein du troupeau. Et du point de vue du territoire,
d’empêcher l’enfrichement et de réouvrir les zones.
Évidemment, la question aussi de la prévention des incendies.
Et là, en quinze jours, le premier parc, que j’ai fait,
elles ont complètement réouvert le petit bois, permis des passages.
Et là, vraiment, on sent que voilà, la végétation respire à nouveau
et il faut aussi trouver le moment, le bon moment pour les sortir.
Et voilà permettre aussi une régénération sans trop tirer sur le milieu.
Et la collaboration avec le Conservatoire comment ça se passe ?
Ça se passe merveilleusement bien.
Franchement...
Comment dire...
Le travail qu’a mené le Conservatoire
auprès des profils comme nous, bergers sans terre, est exceptionnel.
Je veux dire, c’est
inouï de pouvoir bénéficier...
Moi, j’ai à disposition 80 hectares pour mon troupeau qui fait
150 brebis pour l’instant. Je compte arriver à 200 brebis, donc de brebis Rava.
Donc, voilà, c’est exceptionnel d’avoir accès à cette pâture,
à cet environnement, à l’accès à la Loire pour l’abreuvage.
Enfin, moi, je trouve que c’est des conditions
incroyables.
Et puis toute l’équipe, tant Fabien, le technicien qui est là
pour m’aider quand j’ai besoin de voilà d’ouvrir un petit peu des espaces.
La collaboration avec Stéphane Hippolyte qui est toujours à l’écoute
et qui a fait en sorte aussi
qu’on puisse être éligibles aux aides PAC
sur ces parcelles, sans quoi on n’y arriverait pas.
Cela soutient mon système d’un point de vue économique,
ce qui me permet à la fois d’investir
dans du matériel plus ergonomique pour faciliter mon travail au quotidien.
Donc ça me permet surtout un confort technique
plus grand, ça m’offre une visibilité plus grande
sur l’avenir et une
capacité à consolider mon système
de manière plus sécurisante.
J’appartiens à deux groupes.
J’appartiens à un groupe d’éleveurs et céréaliers en Eure-et-Loir et
au groupe « Pasto’Loire ».
Et je trouve une espèce de cohérence globale et de soutien
dans le quotidien.
Dans tous les petits problèmes
qu’on rencontre, on a toujours quelqu’un à qui téléphoner.
Voilà, c’est aussi l’animation du groupe qui est indispensable quoi.
Et je voudrais revenir sur ton troupeau.
Tu as parlé de la race ?
Donc c’est
des brebis Rava du Cantal.
Et tu parlais de brebis rustiques, donc c’est leur rusticité qui a fait
que tu as choisi cette race-là, comment tu as choisi en fait ?
Donc j’ai racheté le troupeau d’un des membres du GIEE et moi,
je voulais un troupeau capable de vivre 100 % de l’année dehors.
J’ai travaillé avec lui pendant un an et voilà, je suis tombée amoureuse de
ce troupeau qui a à la fois des qualités de rusticité, d’élasticité face aux aléas.
Elles sont étonnantes dans leur capacité à pouvoir
encaisser une période de disette.
Donc cette capacité à pouvoir
maigrir sans être trop affectée et à pouvoir
ensuite profiter quand la pâture est meilleure.
Et elles ont un caractère exceptionnel.
Elles sont extrêmement dociles, confiantes.
Donc voilà, moi, j’ai commencé avec ce troupeau-là.
Et comment tu vois l’avenir de ton métier ?
Je travaille avec des céréaliers à la mise en place d’un troupeau collectif.
Donc mon avenir, je le vois
dans l’agrandissement de mon troupeau et
l’amélioration de la collaboration éleveur céréalier, troupeau
que je ramènerai ensuite ici pour pouvoir aller
encore un petit peu plus loin dans le travail sur les parcelles.
Parce qu’à mon sens, mon troupeau est aujourd’hui beaucoup trop petit
par rapport à l’enjeu qui est présent sur ces 80 hectares.
Donc, voilà, du côté des céréaliers,
je vois l’avenir avec ce troupeau collectif
qui va aussi amener, j’espère, le développement de la filière.
Nous, ce qu’on voudrait, c’est que les abattoirs rouvrent,
que les transformateurs soient plus nombreux, plus présents
et qu’on puisse avoir une proposition de produits
faits à base de nos animaux plus importantes.
Et du point de vue de ma présence, ici, c’est aussi de tisser
des liens plus forts avec mes collègues du groupe « Pasto’Loire » pour aussi
développer probablement une gamme de produits qui soit,
comment dire, qui donne à voir le travail qu’on mène ici
et avec une qualité de viande inégalée.
Je pense qu’on ne peut pas faire
meilleures conditions de vie pour des animaux
que ce que nous permet de faire le pâturage ici en bord de Loire.
Pour finir, du coup, Alexandra, est-ce que tu aurais
une petite anecdote à nous raconter
Alors moi ce que j’aime
à voir et une espèce de constante, c’est
cette capacité à faire des communs.
L’espace sur lequel je pâture est un lieu
qui est pratiqué par toutes sortes de populations.
C’est une forme de lieu public dans lequel moi, je débarque et où voilà,
j’arrive avec mon troupeau et où j’ai un certain nombre de contraintes.
Mais moi, ce que j’aime beaucoup quand j’arrive ici, c’est de me dire
ici, c’est à tout le monde,
tout le monde est chez soi,
mon troupeau est à tout le monde d’une certaine manière.
Et j’aime beaucoup la manière dont les gens se proposent
par eux-mêmes d’assurer la surveillance du troupeau.
Et il y a toujours quelqu’un qui vient me dire
« moi, j’ai remis des clôtures qui étaient tombées »
et puis « si jamais il se passe quoi que ce soit, je t’appelle. »
Et du coup, en fait, on est toujours tous ensemble.
Ce n’est pas un travail qui m’appartient à moi toute seule, c’est
tout le monde est là, autour du troupeau, tout le monde est là, à partager ce territoire.
Et voilà, vraiment, je suis extrêmement touchée par
ce que
suscite la présence du troupeau auprès des badauds de vouloir participer
à cette grande aventure du pastoralisme, d’être de l’aventure.
Voilà, je vois se déployer autour de moi
tout un tas de gentillesse, parce que les gens sont contents
de ce qui se trame ici.
Un grand merci à Alexandra pour cette belle conclusion
qui nous rappelle que derrière chaque paysage,
il y a des hommes, il y a des femmes et il y a des troupeaux qui travaillent.
L’histoire du pastoralisme se poursuit, même si cette saison de podcast
est terminée.
Merci de nous avoir suivis et puis restez connectés pour la suite
et je vous dis à l’année prochaine.